La communication numérique est une école de citoyenneté. Publier, commenter, partager, c’est exercer un pouvoir. Et tout pouvoir appelle une éthique.
Les réseaux sociaux ont profondément transformé l’espace public. Ils offrent à chacun la possibilité de prendre la parole, de s’informer, d’influencer et de participer au débat démocratique. Mais comme le rappelle Manuel Castells (2009), la société en réseaux est une société où le pouvoir se construit aussi à travers la communication. La parole numérique n’est donc jamais neutre : elle produit des effets sociaux, politiques et symboliques.

Les réseaux sociaux ont profondément transformé l’espace public. Ils offrent à chacun la possibilité de prendre la parole, de s’informer, d’influencer et de participer au débat démocratique. Mais comme le rappelle Manuel Castells (2009), la société en réseaux est une société où le pouvoir se construit aussi à travers la communication. La parole numérique n’est donc jamais neutre : elle produit des effets sociaux, politiques et symboliques.
Ce qui m’inquiète aujourd’hui, ce n’est pas l’usage des réseaux sociaux en soi, mais leur usage abusif, notamment lorsqu’ils deviennent des espaces d’humiliation, d’insulte et de destruction de l’image d’autrui. Plus regrettable encore est le fait que certaines femmes utilisent ces plateformes pour attaquer d’autres femmes, parfois même celles qui occupent les plus hautes responsabilités de l’État. Dominique Maingueneau nous enseigne que tout discours est un acte social : il construit une identité, une relation et une scène d’énonciation. Insulter publiquement une autre femme, ce n’est pas seulement exprimer une opinion ; c’est participer à une mise en scène de la violence symbolique. Pierre Bourdieu (1991) parlait du pouvoir symbolique des mots. Les mots peuvent blesser, exclure, discréditer et légitimer des rapports de domination. Dans l’univers numérique, cette violence est amplifiée par la viralité, l’algorithme et la permanence des traces.
Jürgen Habermas (1987) rappelle que l’espace public démocratique repose sur la force des arguments et non sur l’agression des personnes. Lorsque le débat est remplacé par l’injure, nous assistons à une dégradation de la communication publique. J’interpelle particulièrement les femmes. L’histoire nous enseigne que les femmes ont longtemps lutté pour accéder à la parole publique. Il serait paradoxal que cette conquête de la visibilité se transforme en instrument de destruction mutuelle. La solidarité féminine ne signifie pas l’absence de critique ; elle exige une critique responsable, argumentée et respectueuse.
La communication numérique est une école de citoyenneté. Publier, commenter, partager, c’est exercer un pouvoir. Et tout pouvoir appelle une éthique. Comme le souligne Elihu Katz, les médias influencent les normes sociales autant que les comportements. Les réseaux sociaux peuvent être des outils d’émancipation, d’éducation et de leadership ; ils ne devraient pas devenir des tribunaux de l’insulte. À toutes les femmes, je lance cet appel : faisons des réseaux sociaux un espace d’intelligence, de dignité et d’élévation. Critiquons les idées, évaluons les actions, débattons avec rigueur, mais refusons la banalisation de l’injure. Car une société qui normalise la violence verbale finit toujours par fragiliser la démocratie et la cohésion sociale. Notre responsabilité communicationnelle est à la hauteur de notre visibilité numérique. Oyo aza na matoyi ya koyoka ayokaeee. En tshiluba ont dit souvent: bushala bwamba nansha koko kufwe bantu
Partager cet article
Commentaires (0)
Soyez le premier à réagir à cet article.